ITW Télé 7 Jours-28avril-4Mai

(INTERVIEW de  Jérémy Parayre et photographie de Benjamin Decoin)

Amel Bent, la chanson du retour

La future coach de The Voice Kids enregistre un nouvel album. Elle nous a fait écouter le premier single, Si on te demande, en avant-première. Elle est fébrile. Devant la table de mixage, elle avoue ne pas avoir passé une bonne nuit. Amel Bent savait que, aujourd’hui, elle allait faire écouter « la chanson de son retour », la première depuis quatre ans. Au moment d’appuyer sur play, elle me regarde fixement. Sa maman est à côté de moi, droite comme un « i ». Quand les premières notes se font entendre, les yeux de celle-ci se mouillent. Quelques minutes plus tard, elle confiera : « Je l’écoute toute la journée, je suis fière de ma fille ! » Amel revient aux sources, avec ce tube enlevé, au texte ciselé signé Kerredine Soltani. Elle se replace en chanteuse d’hymnes, en conteuse d’histoires. Son histoire.

Jérémy: Pouvez-vous nous dire comment cette chanson est née ?
AMEL: Ça fait plus d’un an que je travaille sur cet album. C’est mon manager qui m’a parlé de Kerredine, qui écrit, notamment, pour Zaz. Une sorte de « Goldman des temps modernes », selon moi. On ne se connaissait pas. Il a écrit un titre de son côté. Quand ils l’ont écouté, tous les deux, ils ont pleuré. Et quand je l’ai finalement entendu, j’ai pleuré aussi. J’ai ressenti la même chose qu’avec "Ma philosophie" et "Où je vais" : ce sentiment que, obligatoirement, ces chansons sont celles qui lancent un disque. Comme une évidence…


Jérémy: En quoi vous touche-t-elle plus particulièrement ?
AMEL: Elle parle de ma vie, de ce que j’ai traversé, de mes espoirs pour l’avenir, de ma maternité. C’est aussi une réponse à mon absence : « Si on te demande est-ce que je vais bien / Dis-leur que je suis mère / Et jamais une mère ne se plaint. / Si on te demande quand est-ce que je reviens / Dis-leur que je suis là / À quelques stations de train. » Et me voilà !


Jérémy: Vous chantez aussi « Les yeux secs / et la voix éraillée… » C’est parce que vous avez séché vos larmes d’hier ?
AMEL: On peut le voir comme cela. Mais Kerredine m’a donné un autre sens, en me disant : « Quand tu es à moto, par exemple, que tu vas très vite en avançant, tu as les yeux secs. » J’ai aimé cette vision de moi, fonceuse, prise dans le tourbillon de la vie.

Jérémy: Vous aviez peur de revenir ?
AMEL: Oui. Peur de ne pas retrouver ma voix. Elle est toujours là, plus profonde, mais plus jeune à la fois. Je ne sais pas comment l’expliquer. Peut-être
mes grossesses… ou l’âge.


Jérémy: À quoi va ressembler cet album ?
AMEL: Il sortira en fin d’année, je pense. Il sera le reflet de ce que je suis aujourd’hui. La pause que j’ai faite a été à la fois cruelle et vitale. C’est de cela qu’il s’agira dans mes nouvelles chansons : ma vie, mes filles, mon mari, ma vie d’artiste, mes espoirs. Il y a un titre écrit par ma petite soeur : "La Tête à l’envers". Un titre de Rose (chanteuse, auteure et compositrice, ndlr), aussi : "T’aimer de trop".


Jérémy: Depuis quelques semaines, vous postez sur Internet des moments de votre carrière. C’est parce qu’une page se tourne et qu’une autre Amel Bent arrive ?
AMEL: Je ne pense pas avoir changé. La femme a changé, oui, c’est sûr. La chanteuse, non. J’ai toujours l’impression de jouer ma vie, ma carrière, à chaque chanson. Rien n’a bougé depuis le début, finalement. Après, vous avez devant vous une épouse, une mère. Ce que je n’étais pas auparavant. J’ai ma vie de famille, mon cocon à moi, et ça me donne une force surnaturelle.

(Télé 7 Jours N°3022) "Si On Te Demande", single disponible dès Vendredi 27 AVRIL.