Et voilà, le 8ème projet studio de notre Amel Bent est enfin à nous, à VOUS !
Notre reine est de retour... et bien de retour !
Que dire, en préambule, sinon que cet album est intense, personnel à un point qu'il l'a rarement été depuis un moment. Que sa musicalité peut rappeler les grandes heures des premiers opus et, en même temps, déstabiliser les plus férus de la constance rapport aux productions et autres mélodies qu'Amel a pu nous proposé jusqu'ici. Une fois encore, les équipes d'Indifference Prod, ainsi que les producteurs, compositeurs, co auteurs et vocalistes ayant participé à cette création, ont fait merveille.
On débute d'abord avec ce que l'on pourrait maintenant définir comme un 'sommaire' de ce projet : "Décharge Mentale". Cette intro singulière, créée en trio avec Hamza Meghouar et Wendy Milton, pose les bases de ce que va être la ligne directrice de cet opus : les émotions. Et là, nous avons une Amel frontale, dans un texte quasi slammé à certains moments - j'allais même dire rappé - qui fait le bilan de tout ce qui pèse sur ses épaules au quotidien, comme une manière dépourvue de trop de faux semblants et autres vocabulaires exagérément "diplomatiques" de confier crûment et aussi sincèrement les choses. Une entrée de jeu sans fard et diablement efficace donc.
S'ensuit alors le second titre de ce projet, et premier inédit post sortie : "COMME JE VEUX". Créé en compagnie de Moona, un peu comme un pied de nez au "quand dira-t-on" lorsqu'à partir d'un certain âge atteint, la société se voudrait nous imposer de ne plus se permettre de nous comporter de telle ou telle manière; qu'à partir d'une certaine 'maturité' d'âge, certains agissements et autres folies nous seraient donc inaccessibles, faute de quoi toutes crédibilités nous seraient aussitôt retirées. Et Amel y répond donc par ce "Comme Je Veux" insoumis aux codes de la bien-pensance, de la bienséance.
3ème titre à compléter la série, le single "TRISTE" explore lui - de nouveau j'allais dire pour ce que les plus assidus à la dame Bent connaissaient déjà de sa personne, ses rapports à sa... sensibilité... et donc de sa singulière porosité aux sentiments associés à la tristesse. Ce qui aurait pu être, au départ de sa création, aussi musicalement très triste, s'est finalement mué, par l'entremise de Vitaa, Vianney et Bruno Rebillaud, en une chanson au contraire enjoué, telle une célébration de qui l'on est, peu importe que l'on soit plus ou moins imperméable aux émotions, aux sentiments, à ce qu'il passe dans la vie des uns et des autres, dans la société. Bref, une jolie réussite qui a déjà trouvé un beau chemin en radio, et qui je l'espère ira aussi au delà.
4ème track de Minuit Une, 'POURQUOI TU RESTES' nous amène sur les problématiques de couple, et les questionnements qu'il peut quelques fois arriver lorsqu'on a fondé famille et que l'on a potentiellement des difficultés à se définir au delà de ces rôles de parents qu'on inclut les uns les autres à nos parcours de vie. Qu'est ce qui fait donc tenir deux personnes, censées s'aimer, au delà de leurs devoirs parentaux. 'Pourquoi Tu Restes". Merci de nouveau à Vitaa et Bruno Rebillaud d'avoir accompagné l'"accouchement" de ce titre particulièrement évocateur des enjeux d'une époque.
Pour le 5ème titre, c'est au premier duo/featuring de l'album que l'on fait face - METEORE - additionné de la voix et la plume de Nadjee. Avec Sébastien Rousselet ajouté à la compsotion, ils nous offrent un texte et une mélodie enlevée, plutôt calibrés pour l'été, selon moi, qui rappelle à certains égards le "LOSSA" de la précédente area, qu'Amel avait proposé pour l'opus Vivante, avec Benny Adam. Moins latin que ce dernier mais peut être plus mélodique, il nous promet quelques moments chaleureux sur vos prochaines heures estivales.
6ème chanson du projet, on revient sur une création déjà très tôt sortie de celui-ci : MIMA. Une ode à cette grand mère, un personnage dans cette famille non moins singulière que cette matriarche joyeuse, rebelle, féministe... Celle qui représentera toujours comme un pilier aux fondations de ce qui fait qu'Amel est devenue qui elle est. Une grand mère partie trop tôt, dirons nous, selon l'expression consacrée. Celle qui a bouleversé l'agenda prévu après l'ère Vivante lorsque la vie a décidé pour elle de la faire rejoindre ses aïeux... Et donc, Amel a réussi à lui livrer, avec le soutien de Moona et Khalil Cherradi, ce vibrant hommage teinté de chaleureuses couleurs 'orientalisantes' autant par le texte que ces sonorités résonnant comme une madeleine de Proust aux oreilles de notre artiste phare. Pensées éternelles donc pour cette "Mima" sans pareille 🙌💖✨
7ème titre, "PERSONNE", en duo avec Susanoô, nous emporte dans des eaux encore peu explorées musicalement dans la discographie de notre Amel Bent nationale. Après quelques notes au ton très épuré, la mélodie (co-composée par Amel, Susanoô, MKL ainsi que Sébastien Rousselet) entre direct dans une prod' audacieuse et chargée en basse qui courra tout le reste de la chanson. Du point de vue du texte, les mêmes cités plus haut nous emmènent dans un voyage intérieur, dans ce sentiment d'une intense solitude que chacun peut ressentir. Du point de vue de l'artiste, c'est aussi cette peur possiblement constante d'être un jour oublié.
Le titre suivant - "SOUS L'EAU" - tout en usant ça et là du vocodeur pour donner un soupçon d'intensité supplémentaire avant le refrain, est résolument rock, à fortiori sur la fin qui pousse en avant et la voix bien réelle d'Amel ainsi que ce solo de guitare digne de titres des plus grandes rockstars. Bravo à Amel, MKL ainsi que Moona pour cette prod' et ces instru' de zinzins... et évidemment, au dessus de tout ça, la voix d'Amel qui nous fait décoller d'une manière encore rarement atteinte jusque là. Alors, pour moi, scéniquement, ça risque d'être une des masterpieces de cet area. Donc, je vous annonce d'ores et déjà qu'il faudra sans nul doute faire focus sur les lives de ce titre, lors de la future tournée. On risque de vivre de ces moments, messieurs dames,... INTENSES ! Et textuellement, le niveau est aussi extraordinaire de sobriété qu'il est sans équivoque quant à ce que ça raconte de combats intérieurs auxquels on peut quelques fois être confrontés, entre la lumière et l'obscurité. Bref ! Bravo là aussi à Moona et Amel pour ces mots. Un magnifique titre, encore une fois !
9ème track - "LA NORME" - est un choix qui tranche radicalement avec le précédent proposé. Effectivement, on est ici déjà sur une prod' qui se tourne vers la quasi comptine (créée par John Mamann) qui rentre au final en résonance avec le texte qui parle des rapports qu'Amel entretient avec ses enfants, de ces angoisses existentielles et éducationnelles, en choisissant comme vecteur une conversation avec chacun d'eux, de ses deux filles ainées à son plus jeune fils. Des mots d'une tendresse infinie posés avec douceur sur le papier par Amel et Hamza Meghouar.
L'avant dernier titre - "MAUVAIS RÔLE" est un autre de ces titres décidément déchirants de ce 8ème projet studio... Sobrement accompagnée au piano et au violoncelle, cette mélodie créée à quatre mains par Amel, Yaacov et Meir Salah ainsi que Slimane nous emmène sur un chemin particulièrement autobiographique, un de ces chemins évoquant le passé et la place qu'on se décide quelques fois d'avoir entre ses deux parents, pour le meilleur comme pour le pire, et la souffrance qu'on en récolte après coup. Cette conversation, là encore, entre cette fois Amel et sa mère (accouchée sur le papier par notre Amel et Slimane) nous fait voir - et donc surtout écouter - Amel sous une sensibilité et une vérité sans fard ou nulle n'est coupable... "On fait juste ce qu'on peut" comme elle le dit si bien...💔
Ultime titre de cet opus, "LE SAS" est comme un écho à ces nuits studieuses et obsessionnelles qu'Amel a pu passer à écrire ce 8ème album; avec cette ambiance aussi singulière qu'elle est limitée dans le temps. Comme des instants évanescents qu'on vole à l'existence pour les inscrire dans le marbre (dans des chansons, ici en l'occurrence). On y captera également le syndrome de la page blanche, qui plane ça et là, quand elle erre dans ces nuits, sans buts, à même se penser quelques fois (faussement) obsolète. Avec ce gimmick "c'est chelou", Amel et Moona - à l'écriture - closent donc cet opus de la même manière qu'il aura débuté, mais avec cette résilience quasi invisible pour qui n'y prendra garde. Parce qu'à travers tout cela, il y a aussi la création. La prod' de cette dernière chanson emprunte elle à des rythmiques et des sonorités qu'on entend souvent des popstars anglo saxonnes, avec cette juste touche rétro qui sied tellement bien aux heures de la nuit... à ce Minuit Une qui nous aura tenu éveillé durant ces 11 titres. Bravo à l'équipe Amel, Moona, MKL ainsi que Khalil Maouene qui est venu compléter et conclure en musique ce SAS musical.
Maintenant, c'est à chacun d'entre vous de vous faire votre propre idée de ce 8ème cadeau de la vie, que nous a généreusement offert, par sa création, une fois de plus, notre Amel Bent.
Je vous ai mis le lien, pour vous en emparer, en bas d'article
Enjoy !